Lettre #5

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Lettre à l'ami (cinéma)

Tu es l'évasion et la confrontation au réel. Tu es tous les genres, toutes les histoires, toutes les émotions. La magie. Le rire. La beauté. Le drame. Le partage. La communion.
Alors oui bien sûr tu peux aussi être mièvre, ridicule, ennuyeux, désastreux... mais je te pardonne comme on pardonne les bêtises de son petit frère, de sa petite sœur. On pardonne car lorsque le chef d'œuvre est au rendez-vous tu nous fait oublier le monde, oublier nous-même. L'abandon total à la vision de l'autre. Accéder à l'universel dans l'intime. La résonance parfaite des émotions personnelles et collectives.
Tu es une rencontre constante avec des auteurs, des autrices, des cinéastes, des images, des musiques, des visages, des regards, des passions, des histoires, des lumières, des textes...
Tu es le voyage à l'intérieur de soi et le voyage à travers le monde, à travers les mondes.
C'est un bonheur de te retrouver. De te partager. De t'aimer.
Tu es l'ami intime. Jusqu'au mot fin !

Lettre #4

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Lettre à l'ennemi (temps)

Comment es-tu devenu un ennemi alors que tu devais être un allier ?
Tu devais être le choix, la liberté, les opportunités. Tu es la limite, le renoncement, la fatalité.
Tant de livres que je ne lirais jamais. Tant de films que je ne verrais pas. Tant de lieux que je ne visiterais pas. Tant d'événements que je ne vivrais pas.  Tant et tant de choses.
Ton élasticité est à géométrie variable. Tu t'étires dans les moments difficiles. Tu te contractes dans les périodes de joie. Comme si tu en voulais au bonheur et tu te régalais de la douleur. Qu'avons-nous fait pour mériter cela ?
Tu détruits le beau. Tu accélères notre décrépitude. Tu nous conduits inexorablement à notre fin. Cette inconcevable issue, effrayante et injuste. Comme si le monde n'était pas déjà assez sombre. Cette ultime épreuve intolérable comme un pied de nez à la vie. Un point final à cette farce inepte. Plus qu'un point final, il n'y a plus d'encre, plus de papier, plus de livre, plus rien. L'absence même d'absence. Le néant.
Je te hais. Je te combats en vain. Je m'épuise contre toi. Ma vie est un contre la montre irréversible. Tu es l'ennemi intime. Jusqu'à la fin !

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