Une cible tatouée sur la poitrine. Cible rouge, comme une marque prophétique. Quelques centimètres au-dessus de la peau se tient la lame tranchante d'un poignard. J'appuie de toute mes forces pour que la pointe pénètre dans la peau. Elle traverse l'épiderme puis le derme, le sang commence à couler ; étrangement assez peu pour le moment. La lame poursuit son chemin, je dois appuyer plus fort pour la faire passer entre les côtes. Elle éraille l'os en se glissant dans la cage thoracique, je sens la vibration que cette friction engendre. Enfin la pointe atteint le cœur, objectif fatal. Elle perce le ventricule droit et continue jusqu'à ressortir de l'autre côté de l'organe. Le cœur continue de battre comme il peut. Le sang s'écoule peu de la double plaie pour l'instant, la lame fait obstruction. C'est alors que viens le moment capital : arracher cette lame mortelle. Cela demande presque plus d'énergie que pour la planter. Le cœur se vide de tout son sang, il ne pompe plus rien, il s'effondre comme pris de spasmes, dernières étincelles de vie. L'oxygène vient à manquer partout dans le corps, le cerveau s'éteint définitivement en quelques minutes.
La lame ensanglantée contemple son œuvre. Un homme est mort.