Ma tête est malade

Le blog de Monsieur Truc

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Le nœud glisse autour de la gorge, la respiration est coupée ainsi que la circulation du sang vers le cerveau. L'asphyxie va prendre du temps, quelques minutes où le corps va lutter, se débattre avant la perte de connaissance, le lâcher prise ultime. Les bras d'abord vont cesser leurs tentatives désespérées de se libérer de cette strangulation. Premier pas vers la fin. Puis les tremblements des muscles vont se calmer, tout le corps va se relâcher ; il n'y a plus d'air dans les poumons, le sang ne contient presque plus de dioxygène et sature en dioxyde de carbone. Le corps s'empoisonne lui-même. La conscience bascule, derniers instants de vie. Le cerveau s'éteint petit à petit, la mort gagne toujours.

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Une cible tatouée sur la poitrine. Cible rouge, comme une marque prophétique. Quelques centimètres au-dessus de la peau se tient la lame tranchante d'un poignard. J'appuie de toute mes forces pour que la pointe pénètre dans la peau. Elle traverse l'épiderme puis le derme, le sang commence à couler ; étrangement assez peu pour le moment. La lame poursuit son chemin, je dois appuyer plus fort pour la faire passer entre les côtes. Elle éraille l'os en se glissant dans la cage thoracique, je sens la vibration que cette friction engendre. Enfin la pointe atteint le cœur, objectif fatal. Elle perce le ventricule droit et continue jusqu'à ressortir de l'autre côté de l'organe. Le cœur continue de battre comme il peut. Le sang s'écoule peu de la double plaie pour l'instant, la lame fait obstruction. C'est alors que viens le moment capital : arracher cette lame mortelle. Cela demande presque plus d'énergie que pour la planter. Le cœur se vide de tout son sang, il ne pompe plus rien, il s'effondre comme pris de spasmes, dernières étincelles de vie. L'oxygène vient à manquer partout dans le corps, le cerveau s'éteint définitivement en quelques minutes.
La lame ensanglantée contemple son œuvre. Un homme est mort.

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Bonjour, répéta-t-il. Elle ne sut pas quoi répondre, elle n'y avait pas pensé, tout à coup sa machine à penser s'emballa, les mots arrivèrent tous en même temps dans sa bouche, bafouillage incompréhensible, elle devint rouge et comme elle ne pensait plus à respirer depuis au moins une minute elle s'évanouit. Noir.

Elle refit surface dans un salon sur un divan. Ça va ? demanda Adrien. Oui je crois, répondit-elle. Il s'occupa de son étrange visiteuse jusqu'à ce qu'elle reprenne vraiment ses esprits avant de lui demander ce qu'elle venait faire chez lui. Vous écouter, lança-t-elle sans plus d'explication. Cette réponse le troubla et aiguisa sa curiosité.

M'écouter ? Comment cela ? demanda Adrien. Alix n'avait pas réfléchi à ce qu'elle attendait de ce moment. Elle avait retrouvé l'homme à la voix qui l'avait tant hantée, et maintenant ? Il était là, il parlait, mais elle : que voulait-elle ? Qu'espérait-elle ?

J'ai entendu votre voix à la boulangerie il y a 2 mois, et depuis je me suis mise en tête de vous retrouver, finit-elle par expliquer. Silence gêné. Je vais partir, dit-elle en se levant. Non restée, l'arrêta Adrien, je suis sûr que vous avez plein de choses à me dire, c'est moi qui vais vous écouter. Alors elle s'assit et raconta toute son histoire, comment elle avait procédé pour le retrouver jusqu'à son arrivée devant sa porte. A la fin de son récit il sourit.

Après un après-midi à discuter Alix savait tout de la vie d'Adrien (enfin l'essentiel) : il était marié avec Clémence et avait une fille ensemble, Marie. Ils étaient toujours amoureux (et heureux) et n'étaient pas contre l'idée d'avoir un deuxième enfant ensemble. Adrien travaillait dans un cabinet d'architecture depuis 8 ans, il s'y plaisait et ses collègues l'appréciaient.

Elle avait retrouvé la voix qu'elle cherchait tant, sans pouvoir imaginer ce qu'il pourrait advenir ; et en quelques heures elle s'était confiée à propos de sa vie comme cela n'était jamais arrivé, il en avait fait autant, dans une sorte de confiance mutuelle évidente. Une amitié limpide.

Les semaines se succédèrent et une question naquit dans l'esprit d'Alix. Une question qui occupait chaque jour un peu plus d'engrenages dans sa machine à penser. Voulait-elle plus qu'une amitié avec Adrien ? Une question dangereuse car elle soulève avec elle des idées redoutables : le désir, l'amour, l'adultère.

Elle tourna et retourna cette question des nuits entières, seules dans son lit sans pouvoir trouver le sommeil. Cette question finit par l'obséder autant que sa recherche d'Adrien quelques mois auparavant. D'ailleurs, si elle l'avait tant cherché, n'était-ce pas car la sensation qu'avait provoquée sa voix avait pénétrée jusqu'au plus profond de son être ? Et lui, éprouvait-il la même chose ?

Après plusieurs nuits blanches (et les journées noires qui les accompagnaient) elle décida d'en avoir le cœur net, quitte à remettre en jeu leur amitié. Alix demanda à Adrien de la rejoindre à 7h30 à son endroit préféré, face à la mer, là où ses pensées étaient plus claires.

Il arriva avec deux pains au chocolat, à l'heure, sans savoir pourquoi il venait. Ils discutèrent à leur habitude, avec passion et sans filtre. Après avoir mangé leur pâtisserie Adrien passa sa main au coin des lèvres d'Alix pour faire tomber une miette. Elle prit ce geste pour un signal de départ, la seconde qui suivit elle déposa un baiser sur ses lèvres. Instant suspendu à la fin du baiser.
Alix est maintenant sûre de ses sentiments. Adrien, d'abord surpris, comprend ce qui vient de se produire, il hésite quelques secondes puis l'embrasse à son tour, prêt à assumer toutes les conséquences.
Une nouvelle histoire commence ce matin.

(A suivre ?)
(Relire la partie 1)
(Relire la partie 2)

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Le reste de la journée fut longue et insipide. Alix ne pensa qu'à cette voix, elle se repassait le souvenir de ces quelques mots jusqu'à user ses neurones mémoires. Ses collègues la trouvèrent particulièrement absente à son bureau ce jour-là alors même que la cacophonie de son clavier couvrait les vrombissements de la machine à café.

Le soir venu, face aux éléments : mer, sable et vent ; elle prit la décision, sans doute irréalisable, de retrouver cette voix unique parmi les milliers qui peuplaient la ville. Mais surtout, ce qu'elle désirait plus encore, c'était retrouver cet état magique dans lequel elle avait plongé quelques heures plus tôt au moment où cette vibration sonore magique était parvenue jusqu'à ses oreilles.

Les jours passèrent mais la voix ne fit pas de nouvelle apparition à la boulangerie. C'était un client exceptionnel ; pour une voix exceptionnelle, pensa-t-elle. Peut-être était-il seulement de passage et avait quitté la ville depuis longtemps, emportant avec lui tout espoir d'entendre une fois de plus sa voix caramélisante.

Alix ne savait pas vraiment comment agir... Elle se parla à elle-même, toujours face aux éléments, à son habitude nocturne : "comment retrouver le propriétaire de cette voix ?... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin... pour ça il suffit de lettre le feu au foin et passer un aimant parmi les cendres." Il ne lui restait plus qu'à trouver le feu et l'aimant à voix.

Annuaire en main Alix passa alors toutes ses pauses méridiennes à appeler chaque numéro de la ville. Travail de fourmi, méticuleux et chronophage. Elle rayait une cinquantaine de noms de sa liste chaque midi. Quand elle avait de la chance elle tombait sur le répondeur, sinon elle devait parler aux gens et surtout les faire parler pour tenter de débusquer la voix tant recherchée.

En 2 mois elle avait téléphoné à environ 10% des numéros attribués à des hommes dans la ville. Alix était toujours aussi motivée et pleine d'énergie, mais le souvenir exacte de la voix qu'elle cherchait commençait à se noyer parmi les milliers de voix qu'elle avait entendues depuis. La peur s'empara d'elle, se fut un électrochoc : elle sut exactement quoi faire.

Elle débarqua comme un 6 juin dans la boulangerie. La patronne n'eut pas le temps de réagir qu'Alix passait déjà derrière la vitrine et déclara trois choses : "vidéosurveillance-24 mai 7h56-et 2 pains au chocolat j'ai faim". Visage figée de la boulangère, comme un bug dans la matrice du monde. "S'il vous plaît".

Le machine à penser de la patronne redémarra lentement. Elle commença par servir les 2 pains au chocolat et encaisser l'argent (déformation professionnelle) puis elle installa Alix devant un ordinateur. Elle fit défiler les images aussi vite qu'elle engloutit les 2 pâtisseries. Lorsque le 24 juin 7h56 s'afficha elle put enfin donner un visage à la voix qui la hantait depuis des semaines.

Maintenant qu'Alix avait une image elle allait pouvoir retrouver l'inconnu à la voix de velours : logiciel de reconnaissance faciale, banque de donnée de photos de profils en ligne, puissance de calcul des serveurs de son entreprise et après 24h elle obtint sa réponse.

Il était 18h42 lorsqu'elle sonna chez Adrien. Elle était dans un tel état d'impatience qu'un médecin passant par-là aurait sûrement juré qu'elle frôlait la crise d'épilepsie. Il ouvrit la porte après quelques secondes, qui passèrent pour une éternité dans l'esprit d'Alix. Bonjour, dit-il. C'était bien la voix.

(A suivre ici)
(Relire la partie 1)

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Un soir comme les autres, pensa Alix, avant de terminer sa tablette de chocolat, assise face à la mer, cheveux au vent. Le bruit des vagues apaise en toute saison et conjugué à la douceur de cet été l'effet n'en est qu'amplifié. Alix était là depuis bientôt une heure, batteries émotionnelles rechargées elle décida de rentrer.

Elle pensait beaucoup dans ces moments-là, des moments rien qu'à elle. Marcher pour que les idées ne tournent pas en rond. S'arrêter et contempler pour remettre les choses en ordre. Et le chocolat par pure gourmandise.

Sur le trajet du retour elle appréciait particulièrement essayer de nouveaux chemins, quitte à se perdre, labyrinthe urbain fait d'asphalte et de lumières. La surprise et la découverte de lieux insoupçonnées lui procuraient une satisfaction dont elle ne pouvait plus se passer. Bien sûr plus le temps passait plus elle était obligée de rallonger ses excursions nocturnes pour arriver à combler son insatiable curiosité.

Elle mit 2h à rentrer chez elle cette nuit là. Elle retrouva son lit avec bonheur. Elle adorait se coucher nue dans des draps propres et serrer contre elle son oreiller comme elle enlacerait son amant. Le sommeil la cueilli dès qu'elle ferma ses paupières, entrée au pays des rêves comme au parc d'attractions, grand huit ou maison hantée, barbapapa ou pêche à la ligne ; Morphée varie les plaisirs et surprend toujours.

Le réveil... horreur matinale : tuer brutalement l'imaginaire et ressusciter le réel morne et banal. Alix éteignit machinalement l'alarme quatre fois avant de soulever avec lourdeur ses paupières encore endormies. Le temps semble prendre une autre dimension lors de cette phase d'éveil, comme une distorsion qui permet à 1h de s'écouler en trois minutes. Encore une fois Alix fut en retard.

Clé. Voiture. Bouchon. Klaxon. Rue. Créneau. Frein à main. Alix exécuta chacun de ces gestes avec une rapidité et une précision mécaniques. L'habitude, ou la lassitude. Elle travaillait là depuis bientôt 5 ans. Travail de bureau. 8h par jour devant un écran ou derrière un photocopieur ou inutile dans une réunion encore plus inutile. Son travail ne la passionnait pas mais lui offrait un train de vie... plutôt TGV que TER !

La solitude de ses journées reflétait la solitude de ses soirées. Solitaire pour les uns, indépendantes pour les autres ; Alix vivait sa vie comme elle l'entendait. Aucun regret. Aucun remord.

Sa manière d'avancer dans la vie fut bouleversée un matin pourtant semblable à tous les autres à première vue. A première vue seulement. Ce matin-là le réveil lui parut plus aisé à postériori, la lumière du jour plus intense, les couleurs de la ville plus douces et l'atmosphère plus légère. C'est à la boulangerie que tout débuta.

Une voix !
Une voix suffit à tout changer. "3 croissants s'il vous plaît". Ce n'est pas ce que dit la voix qui compte, ce n'est pas à qui est destinée la demande qui importe, ce n'est pas non plus le timbre de cette voix qui crée une brusque variation du rythme cardiaque chez Alix. Non. C'est la douceur qui émane de ces quelques mots qui arrête le temps dans l'esprit d'Alix.

Lorsque le temps se remet en route l'homme à la voix comme une liqueur s'est déjà éloigné et franchit le seuil de la boulangerie sans qu'elle n'ait pu voir son visage. Envolée éphémère des émotions. Alix est dans un ailleurs intérieur, incapable de bouger pour le suivre, le rattraper et puis... quoi ? Lui dire bonjour ? Lui demander de parler encore ? Alors elle ne fait rien. Choisir de ne pas choisir et attendre.

(A suivre ici)

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Les projets à venir dans les semaines qui suivent :
- Une histoire en 3 parties (pour les 3 vendredis qui arrivent)
- Puis un retour à des textes plus courts
- Et une nouveauté en préparation, qui devrait arriver d'ici la fin de l'année si tout va bien (si je suis content du résultat surtout) : un podcast (mensuel sans doute) qui traitera de sujets très variés.

Bonne reprise à tous !

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Notre rencontre débute un ballet céleste unique et rare
Métamorphoses transcendantales de nos âmes

Ta lumière me guide dans la nuit de mon inéluctable destinée
Nous poursuivons passionnément notre farandole divine

Le feu dans ton cœur rayonne de mille éclats
Et libère sa musique à l’Univers sans limite

Mon étoile
Danse chaque jour dans mon ciel infini
Pour que jamais ne s’arrête notre tango cosmique

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Merci pour chaque détail
Merci pour ta gentillesse
Merci pour ta confiance
Merci pour ta tendresse
Merci pour tes sourires
Merci pour tes paroles
Merci pour ton écoute
Merci pour ton amour
Merci pour ton temps
Merci pour tout
Merci