Lettre #7

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Lette à ma dealeuse

Je viens chez vous quand j'ai besoin de ma dose. C'est vital ! Vous êtes la meilleure dealeuse de livres de la presqu'île. Vous prodiguez toujours des conseils très justes pour faire des découvertes, confirmer une envie, éviter une déception. Dealeuse de papier hors pair vous flirtez aussi avec les chiffres pour récompenser notre fidélité, 5% de remise et vous êtes sûre de nous revoir souvent. Vous proposez une sélection de qualité pour tous les goûts et vous nous recevez dans un cadre chaleureux : vieilles pierres et poutres en bois, des livres du sol au plafond, coin jeunesse, coin bd... une petite idée du paradis.
Patience et écoute sont au rendez-vous pour recueillir nos avis et répondre à nos demandes dans votre caverne d'Ali Baba, et au besoin assurer les commandes nécessaires à contenter nos esprits avides de lecture.
Bref, vous êtes la meilleure dealeuse du coin. Romans, bd, essais... chaque drogué de mots et d'images sur papier (comme moi) trouvera son bonheur chez vous. Merci. Vous êtes mon horizon d'émotions littéraires et graphiques. Merci. Merci. Merci.

Son blog, sa page facebook et sa page instagram

Lettre #6

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Lettre à Luna

12/02/2022
Joyeux Anniversaire Luna.
Tu as deux ans aujourd'hui. Deux années que tu es arrivée dans ma vie. Deux années de bonheur, quand tu souris, quand tu ouvres ce regard si neuf sur le monde qui t'entoure, quand tu rigoles ; deux années d'angoisse aussi quand tu as de la fièvre, quand tu pleures trop, quand les nuits sont trop courtes.
Deux années à te voir grandir, essayer, chercher, apprendre, jouer, dormir, sourire, pleurer, découvrir. Tu es la merveille de ma vie. Tu le seras toujours. Parfois je peux perdre patience. Ne m'en veux pas trop, la patience n'est pas vraiment une de mes qualités. J'espère que j'ai été à la hauteur jusque-là et que je continuerais de l'être pour la suite. Je souhaite que le monde évolue plus vite, qu'il soit plus égalitaire, respectueux et en paix pour que tu puisses t'y épanouir le plus possible. Tu me donnes de la force pour faire ma part dans ce travail de titan. Tu auras sans doute encore de nombreux combats à mener. Sache que je crois en toi. Indéfectiblement.
Je comprends avec toi, grâce à toi serait plus juste, que la vie est belle. La vie est belle. Même si elle n'est pas facile chaque jour. Je t'aime et tu pourras toujours compter sur moi.
Mais ces 2 années n'existent pas. Tu n'es jamais arrivée à la vie Luna.
Nous ne t'avons pas eu.
Je porte ce poids chaque seconde du jour et de la nuit. La douleur se fait plus forte lorsque je vois des enfants qui ont l'âge que tu devrais avoir aujourd'hui. Vivre avec ton absence est insupportable. J'essaie de revivre. J'essaie je te le promets.

Lettre #5

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Lettre à l'ami (cinéma)

Tu es l'évasion et la confrontation au réel. Tu es tous les genres, toutes les histoires, toutes les émotions. La magie. Le rire. La beauté. Le drame. Le partage. La communion.
Alors oui bien sûr tu peux aussi être mièvre, ridicule, ennuyeux, désastreux... mais je te pardonne comme on pardonne les bêtises de son petit frère, de sa petite sœur. On pardonne car lorsque le chef d'œuvre est au rendez-vous tu nous fait oublier le monde, oublier nous-même. L'abandon total à la vision de l'autre. Accéder à l'universel dans l'intime. La résonance parfaite des émotions personnelles et collectives.
Tu es une rencontre constante avec des auteurs, des autrices, des cinéastes, des images, des musiques, des visages, des regards, des passions, des histoires, des lumières, des textes...
Tu es le voyage à l'intérieur de soi et le voyage à travers le monde, à travers les mondes.
C'est un bonheur de te retrouver. De te partager. De t'aimer.
Tu es l'ami intime. Jusqu'au mot fin !

Lettre #4

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Lettre à l'ennemi (temps)

Comment es-tu devenu un ennemi alors que tu devais être un allier ?
Tu devais être le choix, la liberté, les opportunités. Tu es la limite, le renoncement, la fatalité.
Tant de livres que je ne lirais jamais. Tant de films que je ne verrais pas. Tant de lieux que je ne visiterais pas. Tant d'événements que je ne vivrais pas.  Tant et tant de choses.
Ton élasticité est à géométrie variable. Tu t'étires dans les moments difficiles. Tu te contractes dans les périodes de joie. Comme si tu en voulais au bonheur et tu te régalais de la douleur. Qu'avons-nous fait pour mériter cela ?
Tu détruits le beau. Tu accélères notre décrépitude. Tu nous conduits inexorablement à notre fin. Cette inconcevable issue, effrayante et injuste. Comme si le monde n'était pas déjà assez sombre. Cette ultime épreuve intolérable comme un pied de nez à la vie. Un point final à cette farce inepte. Plus qu'un point final, il n'y a plus d'encre, plus de papier, plus de livre, plus rien. L'absence même d'absence. Le néant.
Je te hais. Je te combats en vain. Je m'épuise contre toi. Ma vie est un contre la montre irréversible. Tu es l'ennemi intime. Jusqu'à la fin !

Lettre #3

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Lettre au temps

J'aimerais pouvoir te dire : je passe, et que tu souris en me disant : je t'attends. J'aimerais pouvoir t'inviter au dernier moment au cinéma, au restaurant, à danser... et qu'on trouve des solutions pour se retrouver. J'aimerais passer des weekends ensemble : loin, ou chez toi, seuls, ou avec tes enfants et que ça soit normal. J'aimerais une place dans ta vie, une vraie place, pas juste un "à-côté" quand tu as le temps, quand ça n'impacte pas le reste. J'attends plus que juste un midi où l'on mange à deux au lieu de manger seul. J'attends plus que juste une nuit volée entre 2h et 6h. Je souhaite être plus que du temps volé. Je souhaite être du temps dans ta vie. J'ai envie de quotidien. J'ai envie que tu m'autorises à être là. C'est ça. Simplement ça, que tu m'autorises à être là.
Parce que pour le moment je subis et je me fais du mal. C'est ma solution et elle est mauvaise. Je me fais du mal parce que ça donne une raison au fait qu'on ne se voit pas, ça me met en cause ; et parce que les choses qui me font du bien je n'ai plus la force d'y aller seul, toujours seul.
J'ai 30 ans et ma vie personnelle est un désastre. J'ai survécu jusque-là par ignorance. Je sens bien que je suis incapable de te donner l'amour dont tu as besoin, je ne sais que me plaindre et demander ton attention chaque instant. Je ne suis pas à la hauteur. Je croyais qu'aimer c'était partager du temps... comment fait-on quand le temps est justement la seule chose qu'on n'arrive pas à trouver ensemble ?
Mon moi rationnel me dit de tout arrêter, parce que c'est trop de souffrance, parce que tu es beaucoup trop haute pour moi : tu es le mont Everest et je suis un alpiniste débutant, tu es le baiser de Klimt et je suis en 1ère année d'art, tu es la pyramide du Louvre et je suis une simple maison. Tu es trop extraordinaire pour mon ordinaire.
Et tous les autres moi : le poète en tête, me disent que si ça n'est pas toi alors je peux arrêter là ma route dans la vie, arrêt décidé et brutal. Car rien d'autre ne mérite d'être vécu dans cette vie si je n'arrive pas à mettre un peu de bonheur dans la tienne.
Alors je choisis de continuer à me faire mal parce que c'est ma seule façon de ne pas te perdre.

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